jeudi 23 juin 2011

Centre d·Intégration des Mineurs en situation d·Abandon (CIMA)


Francis, Emmi et Dominic qui travaillent à CIMA


Le troisième milieu que je veux vous présenter est CIMA pour Centre d·Intégration des Mineurs en situation d·Abandon ou en espagnol : Centro de Integration de Menores con Amor.

La ressemblance avec le nom de CIM (Coopération Internationale Mérici) est purement le fruit du hasard et cette année marque une nouvelle collaboration entre les deux organismes. En fait, dans les premières années de CIM, des coopérants avaient travaillé dans ce milieu qui par la suite avait été abandonné pour la simple et bonne raison qu·il s·agit d·un milieu qui, par sa clientèle (des jeunes garçons de la rue âgés de 9 à 18 ans), exige des coopérants masculins de préférence (les coopérantes travaillent davantage avec les plus jeunes mais doivent être de tempérament fort) et ayant une bonne base d·espagnol pour faciliter les interventions auprès des jeunes.

Jean-Louis Lebel, fondateur de CIMA


Ainsi, pendant plusieurs années, ce milieu n·avait pas été sollicité par CIM. Par contre, avec le groupe de cette année, il s·agissait d·une belle occasion de renouer avec cet organisme qui fait un travail incroyable depuis maintenant 21 ans et qui a été fondé par un Québécois, Jean-Louis Lebel, retraité de l·enseignement et qui se cherchait un projet pour se garder occupé !



CIM a donc commencé tout doucement en s·installant d·abord à Lima, dans un petit appartement tout près de la Plaza San Martin, quartier général des jeunes de la rue à Lima aux prises avec des problèmes de violence, de consommation (alcool et drogue), vols, etc. Monsieur Lebel avait observé plusieurs façons de faire avant de trouver une façon qui correspondait davantage à sa vision d·un réel soutien auprès des jeunes....  beaucoup de ce qui existait avant ressemblait à des prisons et les jeunes y étaient gardés de force et souvent exploités.
Les règles de vie et valeurs de CIMA

La vision de CIM en est une de réinsertion familiale et sociale. Les intervenants sur place (travailleurs  sociaux, psychologue et tuteurs des différents groupes d·âge ont donc à coeur que le jeune retrouve un équilibre, des valeurs de vie plus saine pour réintégrer, à plus ou moins longue échéance, leur milieu sans pour autant retomber dans le désordre qu·ils ont connu avant leur séjour à CIMA. Selon ses dires, 80% des jeunes qui partent de CIMA s·en sortent bien, trouvent du travail, retournent aux études et réintègrent donc la société avec un solide bagage. Durant nos visites, nous avons fréquemment été témoin d·ex-jeunes de CIMA qui revenaient pour rendre une visite.... beaucoup de reconnaissance et un profond attachement au milieu et à son âme-fondateur - Jean-Louis Lebel - se lisent dans leurs yeux et par l·affection qu·ils témoignent à chacun.
Quel est le secret de la réussite de CIMA?.... Bien sùr une très grande persévérance et la conviction de pouvoir montrer une façon de faire qui n·est pas toujours celle inculquée dans la culture péruvienne mais qui fait ses preuves et à laquelle ils finissent par adhérer.... Cette philosophie qui est à la base du succès de CIMA est exprimé dans un commentaire de Monsieur Lebel : «Je suis trop passionné pour accepter de faire mal les choses

Un horaire également très bien rempli (certains diront peut-être trop !) : Levés à 5 h 30, couchés à 21 h, la journée est occupée du soir au matin entre les tâches quotidiennes (lavage, entretien ménager, etc), l·école (à l·extérieur ou à CIMA pour les cas plus difficiles ou trop en retard par rapport à l·école régulière) et les ateliers (musique, mécanique, confection, cuisine, ordinateur), les repas, les douches (3 par jour) et quelques pauses pour relaxer un peu.... La fin de semaine, un peu moins de rigueur et grasse matinée, jusqu·á 6 h 30 !
Quelques bâtiments de CIMA parmi
des ruines pré-colombiennes

CIMA est maintenant située dans la petite ville de CIENEGUILLA à 20 km à l'est de Lima, un secteur qui bénéficie d'un ensolleillement presque continuel, ce qui en fait un lieu idéal pour une promenade de fin de semaine pour plusieurs Limenos (habitants de la capitale). CIMA s'est installé sur un terrain de 12 000 mètres carré qui leur a généreusement été donné et sur lequel ils ont construits plusieurs pavillons dont 6 qui hébergent jusqu'à 16 jennes chacun selon leur âge. Le site est entouré de ruines pré-colombiennes (non protégées), entourées de montagnes, tel un véritable oasis en plein désert (au sens propre et figuré !)
Emmi, Francis et Dominic à CIMA

Trois de nos jeunes vont intervenir (en fait, interviennent déjà!) à CIMA : Francis et Emmi qui feront sur place leur stage final de Techniques d'Éducation Spécialisée (TES) et Dominic.

Laissez-moi vous les présenter.









Emmi Nagels : 24 ans (Vierge), de Québec. Emmi passe facilemet pour une Péruvienne partout où elle va.... ses longs cheveux foncés, sa beau basanée qui lui viennent de des origines mi-québécoise, mi-japonaise lui permettent de se fondre à la foule bien qu'elle soit nettement plus jolie que la majorité des Péruviennes... De plus, ses séjours au Costa Rica avec sa famille lui ont donné une solide base en espagnol, un net avantage (surtout en tant que fille) pour sa présence à CIMA.

Emmi est une passionnée de voyages et depuis toute petite, elle a parcourru, seule ou en famille, plusieurs pays d'Amérique Latine (Nicaragua et Panama en plus du Costa Rica) et d'Asie (Japon, Vietnam, Cambodge, Laos, Thaïlande, Malaisie, Indonésie)... si la tendance se maintient, elle aura fait le tour de la planète bien avant sa retraite !!!
 
Au cours de sa formation, elle s·est découvert une véritable passion pour le travail auprès des personnes handicapées et ses expériences de travail pendant 3 étés au camp Laura Lémerveil comme monitrice auprès des enfants polyhandicapés lui ont confirmé ses talents comme accompagnatrice dans le quotidien de ces enfants auxquels elle a su donner des soins et beaucoup d·amour.
Emmi avec ses protégés

Emmi est d'un tempérament fonceur, curieux, pleine d'énergie... dans son quotidien, il faut que ça bouge ! Elle mord dans la vie à pleines dents et donne et aime gratuitement. Emmi est une personne fiable, autonome, pleine d'initiatives, créative et ingénieuse... bref un coeur sur 2 pattes qui saura mettre à profit toutes ses qualités et valeurs à CIMA.




 

Dominique et sa «gang» de street dance,
une performance très appréciée !

Dominic Turcotte : 22 ans (Bélier... sans cornes !). De la Rive Sud de Québec (Saint-Henri), Dominic vient de compléter son DEC (il a vu ses résultats au Pérou et était bien content d·avoir réussi son cours de comptabilité!!) en Technique de Gestion Hôtelière. Ses plus récentes expériences de travail sont reliées à son domaine d·étude et peut-être reconnaissez-vous ce grand gars (6·4"), qui est d·un naturel jovial, souriant et très à l·écoute des autres, si vous avez fréquenté le Cosmos (Lévis) ou le Bar du Lapin Sauté.

Dominic c·est notre sportif, notre joueur de basket-ball... il a dailleurs été entraîneur dans deux écoles auprès de jeunes de 9 à 12 ans et 16-17 ans)... Ici au Pérou, sa grandeur ne passe pas inaperçue... Les Péruviens sont généralement petits et le regardent avec des yeux d·admiration (pour les femmes !) et de jalousie (pour les hommes).... c·est le géant Beaupré du Pérou !!!

Dominic a expérimenté un premier voyage en solitarie pendant 6 mois dans l·ouest canadien (Alberta)... son désir de voyager va se continuer bien après le Pérou car il souhaite aller passer l·hiver dans une île des Caraïbes tout en travaillant... Le métier qu·il a choisi lui permettra donc de poursuivre son périple quelque part dans le monde...

Dominic est de positivisme contagieux. Il respire la joie de vivre, la bonne humeur et dégage une grande énergie qui fait de lui un leader naturel. Il est un excellent membre au sein d·une équipe de travail, a un grand sens des responsabilité et de l·organisation. Il est polyvalent, débrouillard et très dévoué dans tout ce qu·il entreprend.


Déjà à CIMA, il a su gagner le coeur des jeunes en participant à une chorégraphie de "street dance" que quelques jeunes préparaient à l·occasion de la fête organisée pour l·anniversaire de CIMA (le 15 juin dernier)... ses collègues disent de lui qu·il ferait un très bon intervenant social car il est excessivement à l·écoute de l·autre et ce, de façon toute naturelle.... Son expérience à CIMA sera certainement fort enrichissante pour lui... et pour les jeunes qui vont le cotôyer.


Francis et son «royaume :
la bibliothèque de CIMA

Francis Peuch : 26 ans (Capricorne), de Québec.

Un des plus vieux du groupe, Francis cumule un parcours multidisciplinaire au bout duquel il a trouvé sa voie (et même sa voix !) soit le travail socila dans le domaine communautaire. Le chemin pour s'y rendre n'a pas toujours été la ligne droite puisqu'avant son DEC en Techniques d'éducation spécialisée (qu'il va compléter par son stage qu'il réalise à CIMA), il avait complété un DEC en Sciences humaines, profil Méditerranée, espaces et histoire et un BAC en Histoire de l'Art.

Ce parcours illustre bien sa grande curiosité intellectuelle et ses intérêts variés pour comprendre le monde qui l'entoure... Francis est notre intellectuel... il aime les longues soirées à refaire le monde en parlant politique, sociologie, histoire ou tout simplement pour commenter l'actualité. Il aime également l'art sous toutes ses formes (et particulièrement la littérature et la peinture) et est aussi un épicurien qui aime le bon vin, la gastronomie, la musique et tout ce qui donne un sens au mot plaisirs de la vie !

Francis a fait du bénévolat à la soupe populaire des Soeurs Grises et à la St-Vincent-de-Paul. Il est depuis quelques temps intervenant au centre de jour Lauberivière où il est confronté quotidiennement à des problèmes de pauvreté, consommation, mésadaptation sociale... bref, une grande similitude avec les jeunes auprès desquels il aura à intervenir à CIMA (même si l'âge est différent ainsi que la structure de l'organisme).

Francis a fait quelques expériences de voyages, dont une participation à Jeunesse Canada Monde et un séjour plus récent en République Dominicaine où il a été confronté à un premier choc culturel qui l'a fait se questionner sur la pauvreté extrême mais aussi le tourisme de masse et la relation que cela crée entre le visiteur et le visité !

Son expérience au Pérous est pour lui une façon de boucler la boucle d'un cheminement personnel, scolaire et professionnel... c'est un peu son rite de passage entre sa vie étudiante et son futur rôle d'intervenant social.

Francis fait preuve d'une grande autonomie et d'une grande capacité d'adaptation et d'introspection. Il apprend rapidement et n'hésite pas à se questionner et à se remettre en question...

Sa plus grande crainte.... il l'exprime très bien : l'échec plus que l'erreur.... Il caressait le désir de travailler à la bibliothèque de CIMA afin de combiner son goût de la littérature et de transmettre sa passion... il sait déjà qu'il fera un excellent travail et que son passage à CIMA permettra de remettre de l'ordre dans cette bibliothèque qui recèle de petits trésors (dont une grammaire qui date de 1900!)... tout en transmettant aux jeunes le goût de la lecture et du questionnement... Il est donc en train de gagner la partie par un... échec et mat ! et sa présence saura être grandement appréciée par les jeunes et le personnel de CIMA.

Sur ce Bonne St-Jean..... ici elle s'annonce bien tranquille bien qu'on va surement célébrer un peu cette fin de semaine !

N'oubliez pas de nous laisser vos commentaires.... ils sont grandement appréciés.

dimanche 5 juin 2011

Juventud Kollek, Collique

Un petit mot sur les élections avant de présenter un autre milieu.... La journée des élections (dimanche 5 juin) s'est bien déroulée.... Lima était très calme car les gens ayant l'obligation de voter, plusieurs n'ouvraient pas leur magasin et les rues étaient désertes. Les Péruviens ont en effet, l'obligation d'aller voter et en plus d'une amende (plus ou moins 25 $), ils sont également privés de certains droits, notamment au niveau de leur compte bancaire, s·ils ne vont pas exercer leur devoir de citoyen.... c'est donc une obligation qui est très respectée... et dans le fond, peut-être est-ce une bonne idée... en tout cas, cela oblige les jeunes à s'informer davantage et à connaître au minimum les grandes lignes des partis qui s'affrontent.


Vous avez peut-être vu les résultats dans les journaux : le candidat d'extrême gauche - Ollanta Humala - a remporté la victoire de justesse (50,9 %) contre sa rivale Keiko Fujimori. Plusieurs disent que c'est par ses promesses alléchantes pour les plus pauvres que Ollanta auraient gagné les élections.... Malheureusement associé à Hugo Chavez du Vénézuela, les pros Keiko craignent un retour à un régime dictatorial.... L'histoire nous dira les conséquences d'un tel choix mais au niveau social tout est calme et le train-train quotidien a repris sans problèmes. Il faut dire aussi qu'une «loi sèche» interdisait la vente d'alcool du vendredi soir au lundi midi»... ça aussi c'est une idée intéressante pour éviter que les esprits s'échauffent.... difficile par contre d'imaginer une telle mesure chez nous !!!

Aujourd'hui (en fait mon texte est commencé depuis plus d'une semaine mais les connexions à internet ne sont pas toujours très faciles et très lentes) je vous présente le deuxième milieu d'intervention qui en est un avec lequel CIM travaille depuis quelques années.

Il s'agit d'un regroupement de jeunes «Juventud Kollek» qui se donnent comme mission d'améliorer la qualité de vie des jeunes en organisant des activités de sensibilisation auprès des citoyens du quartier dans un esprit de développement durable. Ils n'ont pas de site internet mais vous pouvez les suivre sur Facebook en tapant Juventud Kollek. (photo : un bon repas avec les responsables de Juventud Kollek).

Nos quatre coopérants vont intervenir dans plusieurs milieux, soient une école primaire (500 enfants de la 1ère à la 6e année), une garderie, une maison des femmes et une maison des jeunes....




Ce qui est impressionnant de cette organisation est qu'il s'agit d'actions et d'interventions posées par des jeunes pour les jeunes. Malgré leurs jeunes âges, il est impressionnant de les voir se prendre en main et d'avoir à coeur l'amélioration de leur milieu de vie. Juventud Kollek travaille également avec des coopérants de l'Université de Sherbrooke (de janvier à mai). Les échanges avec le Québec sont donc déjà bien initiés et le responsable sortant, Alejandro Cuadros Pietro est un de ces jeunes fort attachant qui apprend le français et est encore très impliquée dans son milieu. La nouvelle présidente est Sheyla Navarrete Carnayo qui est aussi la «soeur» de Kelly (photo à venir).


En effet, dans ce milieu un des défis de nos coopérants est de vivre dans les familles. Ils sont en fait jumelés à un jeune de l'organisation. Ainsi, les autres frères et soeurs sont : William (pour Maxime), Luisa (pour Véronique) et Emmy (la vice-présidente pour Myriam). Le quartier de Collique est un de ses «Pueblos Jovenes» une des conséquences de la réforme agraire instaurée par le régime militaire de Velasco dans les années '70. Beaucoup de gens des milieux ruraux sont venus s'installer dans la capitale, espérant trouver du travail. Ces vagues massives n'avaient évidemment pas été prévues dans un plan d'urbanisation de la ville. Les nouveaux habitants n'ont donc pas eu d'autres solutions que de s'installer et de développer leurs propres quartiers.

Sur une population de plus de 9 millions d'habitants, environ 20% sont dans une situation d'extrême pauvreté. Par rapport à un taux de 70% dans la sierra (montagne), le pourcentage de Lima est faible mais c'est en nombre que le chiffre est impressionnant : près de 2 millions de personnes à Lima n'ont pas les ressources de base et plus de 450 000 sont dans une situation d'extrême pauvreté (et ne sont même pas comptabilisés dans les données officielles de recensement). (photo : maisons installées dans la montagne et accessibles par les escaliers en jaune).

Collique est un de ces «Pueblos Jovenes» et le quartier est divisé en 10 zones où le degré de pauvreté augmente à chaque niveau. Nos coopérants sont hébergés essentiellement dans la zone 3, ce qui représente tout de même un certain confort : ils ont tous toilette et douche et une chambre privée. De plus, la chaleur de ces familles compensent pour les commodités plus simples (dont la chaleur de l'eau!).


Voici donc nos 4 volontaires qui sont à Collique :



Maxime : De Val-Bélair, Maxime a 25 ans (Poisson). Il a presque terminé sa Technique d'Éducations Spécialisée (il lui restera à faire son stage à la prochaine rentrée qu'il fera au CLSC de St-Romuald).


Avant son DEC, Maxime a fait deux Attestations d'études collégiales (AEC) en sommellerie et service de restaration à l'École Hôtelière de la Capitale (anciennement Wilbrod Bérer). Peut-être vous a-t-il servi si vous avez été au Cochon Dingue du Petit Champlain où il travaille depuis 5 ans.


Même s'il aime son travail et qu'il est fort apprécié pour son service attentionné, Maxime souhaitait se trouver un autre métier. Sa grande capacité d'écoute jumelée à son désir d'aider confirment son choix de réorientation professionnelle.


À 19 ans, Maxime est parti un an dans l'ouest canadien (Banff et Kenmore) pour approfondir son anglais et vivre l'expérience d'un voyage en solitaire.


Maxime est le «spirituel» du groupe (le premier livre qu'il s'est acheté pour pratiquer son espagnol est Les quatre nobles vérités du Dalaï Lama....). Il aime se questionner, aller au fond des choses, confronter ses propres valeurs, ses limites et aime débattre ses idées et opinions tout en restant à l'écoute des autres. Il est coopératif, dévoué.... de belles qualités qui nous font lui pardonner son petit côté lunatique qui le rend si attachant !!


Ses forces et qualités sont particulièrement adaptées aux milieux de Collique (il travaillera un peu dans chacun des milieux de Collique). De plus, vivre dans une famille lui permettra de perfectionner rapidement son espagnol. Les gens de Juventud Kollek vont s'attacher rapidement à lui et réciproquement...



Myriam : De Québec, Myriam est la plus jeune du groupe (elle aura 19 ans à Lima - Cancer).


Elle a complété sa deuxième année en Techniques d'Éducation spécialisée et savait dès son entrée à Mérici qu'elle voulait participer au projet de CIM-Pérou.


Myriam n'a pas peur de relever des défis et de se mettre en situation de déséquilibre. Cette expérience au Pérou constitue son premier voyage. Elle a donc fait avec nous son baptème de l'air et s'est donc mis sur les épaules en plus du stress de l'expérience du travail humanitaire, le stress de l'inconnu total... C'est ce qui s'appelle ne pas avoir froid aux yeux. Déjà Myriam depuis deux semaines s'ouvre et s'épanouie comme une fleur au soleil.... Elle prend de l'assurance et de la confiance en elle autant pour son espagnol que pour la vie dans sa famille et les interventions dans son milieu (elle travaillera davantage à la garderie).


Myriam sait déjà qu'elle veut travailler en relation d'aide. Elle a fait du bénévolat auprès de la Fondation Chevalerie-Passion (équitation pour les enfants avec une déficience. Elle souhaitait depuis longtemps faire de l'aide humanitaire et rêvait de voyages... elle a donc combiné ses deux projets en un seul.


Myriam a le souci du travail bien fait, a une grande soif d'apprendre et est très à l'écoute des autres. Son implication à Collique sera davantage à la garderie où elle devra confronter ses valeurs avec les façons de faire d'une autre culture... ce ne sera pas facile mais elle en sortira avec une belle assurance d'avoir donné pendant un court laps de temps tout l'amour et la tendresse qu'elle a à donner.



Véronique : 26 ans (Taureau), de Beauport.


Véronique a complèté son DEC en Technique d'Éducation spécialisée (il lui restera son stage à faire à la rentrée).


Après un parcours de décrocheuse, Véronique démontre une grande motivation. Même si cela lui a pris du temps pour trouver sa voix et, comme elle le dit elle-même, n'a pas toujours fait des choix éclairés, le chemin qu'elle a choisi lui va à merveille et son sourire permanent témoigne de son bonheur de s'être enfin trouvée !


Passionnée de voyages, elle a fait un séjour de 5 mois en Angleterre pour perfectionner son anglais. Elle saura donc pratiquer son espagnol surtout à Collique où, là aussi, l'immersion est totale. De semaines en semaines, on voit et entend ses progrès... Véronique a besoin «d'être dans le bain» pour se donner à fond et se motiver.


Son voyage en Angleterre lui a permis de découvrir son grand intérêt pour les autres cultures, modes de vie et valeurs. Elle est attirée par l'autre, la différence, ce qui confirme son choix de future intervante sociale


Son travail auprès d'un jeune enfant handicapé mentalement ainsi que son bénévolat à l'Association canadienne de santé mentale sont des expériences qui lui ont permis de démontrer ses talents d'écoute et son ouverture d'esprit.


Véronique est dynamique, honnête, dévouée et souriante (elle sourit même quand elle dort !)... autant de qualités qui seront des atouts précieux dans sa famille et dans les milieux où elle interviendra à Collique.




Kelly : De Québec, Kelly a 23 ans (Vierge) (la première à gauche sur la photo)


Kelly a également terminé son DEC en TES après un certificat en psychologie à l'Université Laval. Elle a effectué son stage à la Halte garderie Oasis où ses qualités et aptitudes ont grandement été appréciées.


Kelly aime l'expression artistique sous toutes ses formes : danse, dessin, peinture. Elle fait preuve d'un grand désir d'évoluer en tant qu'individu et ses démarches artistiques ou personnelles sont essentiellement dans le but de mieux se connaître pour grandir en tant que personne.


La coopération internationale pour elle est un projet de vie et pose donc des actions et fait des choix qui l'en approche. Elle a ainsi vécu un mois au Guatémala pour apprendre l'Espagnol en vivant dans une famille. Elle a également fait le projet Katimavik qui représente 9 mois de travail volontaire au Canada. Sa capacité d'adaptation dans différents milieux est indéniable et saura être un plus pour cette expérience au Pérou.


Malgré un côté plus réservé et plus timide, elle sait prendre sa place au sein d'un groupe et partager ses opinions. Son sens de l'observation très développé en fait une personne attentive et réfléchie.


À Collique, Kelly mettra sur pied un projet qu'elle a développé sur la connaissance de soi et de sa culture. Sans le savoir au départ, son projet cadre parfaitement dans les objectifs de l'école pour le trimestre en cours (ici l'école s'échelonne de mars à décembre).


Kelly se fixe des objectifs élevés mais encore une fois, c'est pour en sortir grandie et apportée sa contribution à des jeunes curieux eux aussi d'en apprendre sur eux-mêmes et sur les autres.

vendredi 3 juin 2011

El Nino Emmanuel (orphelinat)

Bonjour à vous....





J'aurais aimé écrire plus tôt mais les journées sont bien remplies et nous ne voyons pas le temps passer ! Seulement hier (jeudi), Valérie et moi avons passé 4 heures dans les «combis» (mini-autobus public, style mini-van de 12 passagers où l'on entasse environ 20 personnes.... pas très adaptés au format de Dominique - 6'4'' !!). Le trajet se fait normalement en 1 h 30 mais il y avait des marches pour les différents candidats aux élections et plusieurs rues étaient fermées.... Pour l'instant on voit des affiches partout pour l'un ou l'autre des candidats mais rien d'inquiétant... les coopérants seront de retour à la maison demain soir (samedi) comme prévu pour laisser passer la journée des élections et voir les réactions face aux résultats.... Ici, les Péruviens ont l'obligation d'aller voter sous peine d'une amende... on vous tiendra au courant des résultats et de la réaction sociale...


Aujourd'hui donc je voulais voulais vous parler du premier milieu que nous avons visité et dans lequel trois filles du groupe travailleront : il s·agit d'un orphelinat pour enfants (filles et garçons) d'environ 5 à 14 ans... En tout, c'est environ une quarantaine d'enfants qui y sont hébergés et qui y vont à l'école. Il ne s'agit pas uniquement d'enfant orphelin mais des enfants qui viennent de milieux disfonctionnels (extrême pauvreté, enfants de la rue, violence familiale, etc.).


Lors de notre visite avec le groupe un accueil chaleureux nous attendait avec une pluie (en fait un tsunami !) de confettis... Les enfants ont un grand besoin d'affection et nous ont donc ouvert leurs bras pour recevoir un peu d'amour et de chaleur.

C'est une enseignante à la retraite - Maria Luisa Moreyra Ceron de Meza - qui a ouvert ce foyer pour jeunes il y a environ 12 ans (nous avons assisté à la fête organisée à l'occasion de son anniversaire, ce vendredi 3 juin). C'est une institution chrétienne, très pratiquante et dont les soins apportés aux enfants passent par la prière et les valeurs chrétiennes... cela nous a tous beaucoup surpris car les besoins de base sont grands : notamment quant à l'hygiène, la sécurité de mème qu'au niveau de l'organisation même du foyer.


Voir reportage sur youtube : casa hogar El Nino Emanuel.


Nos trois coopérantes ont tout de mème une chambre à elles avec télévision et câble (eles n'auront sûrement pas le temps ni l'envie de la regarder !)... ils ont également pris le soin de nous demander ce qu'elles préféraient au niveau de la bouffe.... Nous étions donc attendus et il ne sera pas difficile de se sentir utile.... le défi sera de mettre des limites et imposer un cadre à ces enfants dont le besoin d'amour est criant et les troubles comportementaux évidents. Le défi sera également de s'habituer à la façon de faire péruvienne et d'essayer que les projets ou changements suggérés par nos coopérantes puissent perdurer même après notre départ.


Bref, les trois qui avaient choisi ce milieu ont débuté leur implication avec beaucoup d'enthousiasme... Elles sauront s'impliquer en donnant quelques classes de français, d'arts plastiques et d'éducation physique ainsi qu'en organisant la bibliothèque. Elles ont également plusieurs projets qu'elles souhaitent développer notamment des ateliers avec différents thèmes (planètes, géographie, etc.) en plus de leur inculquer des notions d'hygiène (laver les mains, les dents, les cheveux, etc.)... Le défi encore une fois est de taille... tout est à faire et visiblement, le centre manque de tout ! L'argent que nous leur laissons servira notamment au salaire des professeurs ainsi qu'à l'achat de médicaments, articles de soins personnels et entretien.


Laissez-moi vous présenter nos trois coopérantes qui vont relever ce défi :






Florence (1ère à gauche sur la photo) :
L'une de nos plus jeunes coopérantes (19 ans - bélier), Florence habite Baie-Saint-Paul et est en deuxième année d'une technique en arts et lettres, option création publicitaire.



Florence a quelques expériences de voyages dont notamment un projet humanitaire au Guatémala lors de son 3e secondaire.


C'est l'artiste du groupe (elle a par le passé réalisé les albums de finissants de son primaire et secondaire)... elle aime et pratique plusieurs formes d'art (dessin, poterie, peinture) et aime aussi être active physiquement (volley-ball, yoga, de même que Hip-Hop, Gumboots et chearleading !).




Florence est toujours souriante. Elle est discrète mais sait très bien partager ses idées. Elle saura apporter aux enfants de El Nino Emanuel l'amour et la créativité qu'ils ont besoin pour croire en un avenir meilleur.



Catherine (au centre) :
Catherine a 20 ans (on célèbrera ses 21 ans ici - Cancer). Originaire de Baie-Comeau, Catherine est venue à Québec pour ses études. Elle a terminé cette année son DEC en TGH (Technique de gestion en hôtellerie), domaine dans lequel elle travaille depuis toujours !



Catherine est une personne qui s'implique beaucoup dans son milieu. Elle a été présidente de l'Assocation des étudiants et étudiantes de Mérci (AGEEM) la dernière année (en plus de ses cours, de son travail et de la préparation au projet de CIM-Pérou !). Lauréate à deux reprises au Gala Méritas du Collège, elle a également reçu une bourse de l'association des hôteliers du Québec.



Ses expériences de voyages ont été dans le cadre de projet scolaire et l'an dernier, elle a eu l'opportunité de participer au Forum de la Gastronomie, de la Culture et du tourisme des trois Amériques qui s'est tenu en Guadeloupe et auquel participait le Collège Mérici.



Ceux qui voudront la suivre dans l'aventure au Pérou pourront également lire son récit par le biais du journal de Baie-Comeau : http://www.pleinjourdebaiecomeau.canoe.ca/



Son sens de l'organisation qu'elle nous a démontré lors de l'organisation du souper péruvien en mai dernier, saura être d'une grande utilité au centre El Nino Emanuel. Son dynamisme et sa bonne humeur apporteront également beaucoup de réconfort aux enfants.



Alexandra (à gauche sur la photo) :


Originaire de Batiscan en Mauricie, Alexandra a 22 ans (poisson) et termine une formation professionnelle en commercialisation des voyages.


Avant cette réorientation de carrière, Alexandra a été gérante pendant 3 ans d'une animalerie... c'est une véritable Mère Térésa des animaux.... Pour le voyage, elle a laissé à la maison une véritable ménagerie : chats (aux noms originaux de Jean-Luc et Miblou), écureuil (c'est le premier mot d'espagnol qu'elle a appris : ardilla !!!!), lapins et même rat !



Alexandra s'investit à 100% dans les projets qu'elle choisit. Elle a déjà à son actif plusieurs heures de bénévolat notamment pour l'association sportive et écologique de la Batiscan ainsi que pour Aministie Internationale.





Alexandra est une personne entière, intègre et très sensible... Leur implication dans les différents milieu au Pérou les confrontera à la misère humaine et le défi d'Alexandra sera de trouver sa limite en sachant qu'elle ne pourra pas sauver tous les enfants (et même tous les chats et chiens) qu'elle rencontrera sur son parcours....



Ses valeurs et son amour inconditionnel de même que son expérience à la maison (sa mère tient une garderie en milieu familial), sont des outils qui seront d'une grande utilité au foyer d'El Nino Emanuel.....



Toutes les trois forment une super équipe qui saura très bien se compléter dans leurs actions auprès des enfants et au foyer d'El Nino Emanuel. Je leur lève mon chapeau car c'est un milieu qui demande une grande dose d'énergie !



P.S. Le téléchargement des photos est très long.... je ne peux pas mettre autant de photos que je souhaiterais....