mercredi 13 juillet 2011

Rôle et présentation des accompagnatrices


Valérie et Marie-Hélène à la Plaza de Armas
(Patrimoine mondial de l·UNESCO) de Lima
Aujourd·hui, je souhaite vous présenter Valérie et Marie-Hélène, les deux accompagnatrices du groupe de 2011...

Valérie, 28 ans (Gémeau) de Rimouski.
Valérie a été une des premières candidates à appliquer sur le poste d·accompagatrice cette année. Son intérêt pour l·expérience a été instantanné et représentait pour elle une belle facon de combiner sa passion du voyage, son nouveau choix de carrière et le souhait très profond de partager ce goût de la découverte.

En effet, Valérie a repris des études universitaires en Études Hispaniques dans le but ultime d·enseigner l·espagnol au niveau collégial. Elle a auparavant complété un DEC en Arts et Lettres, option théatre et un DEC en tourisme, ce dernier lui ayant donné une expérience variée dans l·organisation d·événements pour les hôtels Jaro et au sein d·une importante agence de voyages de Québec.

Son goût de voyager est chez elle inné... ce qui en faisait un peu le mouton noir de sa famille, étant la seule d·une famille de 3 enfants à vouloir explorer le monde dès sa majorité... Ainsi, à 18 ans, elle partait un an dans l·ouest canadien perfectionner son anglais. À peine revenue, elle planifiait son voyage suivant, soit un voyage d·étude de l·espagnol qu·elle a fait à Cuzco pendant un mois et qu·elle a complété par un 5 mois de voyage en Amérique du Sud (Pérou, Bolivie et Brésil).... Elle a également séjourné un mois en Colombie, puis visité plusieurs pays d·Europe.... Au fil du temps, elle a réussi à contaminer le reste de la famille, puisqu·elle est partie en Indonésie avec l·une de ses soeurs et fait une croisière sur la Méditerranée avec toute la famille.

Toute ses expériences faisaient d·elle la candidate idéale pour le poste d·accompagnatrice... l·expérience pour elle était directement liée à sa future carrière d·enseignante en espagnol qu·elle entrevoit comme l·occasion d·allumer ou d·alimenter la flamme du voyage qui passe à la base, par la capacité de communiquer dans la langue du pays visité....

Le retour d·un projet comme celui de CIM est souvent l·occasion d·une remise en question sur nos propres valeurs qui ont été confrontées... On dit alors qu·on ne revient pas à la maison, mais plutôt qu·on doit se construire une nouvelle maison... Dans le cas de Valérie, c·est d·autant plus vrai que son conjoint a entrepris la construction de leur nouveau nid... une belle facon de réintégrer la réalité du retour...

Marie-Hélène Courtade, 51 ans de.... un peu partout mais disons Lyster (rive sud de Québec) (Scorpion).
Marie-Hélène a sû environ un mois avant le départ qu·elle partait avec le groupe (en remplacement de l·autre accompagnatrice qui avait été sélectionnée auparavant).... et même si c·est un peu difficile à expliquer, elle avait la profonde conviction qu·elle partait cette année avec le groupe.... C·était la 2e fois qu·elle appliquait pour le projet et l·an dernier c·est le niveau d·espagnol des candidates retenues qui avaient fait pencher la balance.... Elle a donc passé le mois de juillet 2010 en Équateur (dont 2 semaines intensives de cours à Quito) pour perfectionner son espagnol et réaliser son souhait de vivre l·expérience proposée par CIM-Pérou en 2011.

Marie-Hélène enseigne depuis 2009 à Mérici en Tourisme (pour la formation continue aux adultes ainsi qu·au programme régulier de la technique en tourisme). Depuis son bac. en Administration des Affaires, option gestion et interventions touristiques (UQAM), Marie-Hélène a toujours travaillé dans le domaine, sous plusieurs formes : consultante en recherche marketing pour sa propre entreprise spécialisée dans les études auprès de clientèles touristiques, puis conseillère en voyages et guides touristiques... bref, comme Obélix... elle est tombée dans la marmite du tourisme quand elle était petite !

Par son rôle de professeure auprès des jeunes et comme mère de deux garcons et grand-mère d·une petite fille, Marie-Hélène aime travailler avec les jeunes.... ils ont une formidable énergie, sont créatifs et ont soif d·apprendre.... Être en contact avec eux, nous donne l·envie de se dépasser et de repousser nos limites.... Ce que représentait cette expérience d·aide humanitaire pour elle.... En effet, malgré plusieurs voyages seule, en famille, avec des amis(es) ou en groupe, malgré plusieurs expériences d·accompagnement de groupe de touristes dans différents endroits, c·est la première fois qu·elle cotoie de plus près la réalité du travail humanitaire et de la coopération internationale.... De belles réflexions en perspective... et déjà une grande admiration pour le travail que fait nos jeunes....

Valérie et Marie-Hélène forment donc une équipe des plus complémentaires qui met à profit, chacune de leurs forces pour que nos jeunes coopérants vivent une expérience à la hauteur de leurs attentes....

Leur rôle est donc de superviser leur travail dans les milieux, d·assurer un lien avec chacun des milieux partenaires, de gérer l·argent qu·ils ont ramassé durant toute l·année dans les différents postes budgétaires (dons et allocations aux milieux, repas, activités, voyage de fin de projet, etc.). Elles s·assurent également du bon fonctionnement du groupe et règle les petits problèmes qui peuvent survenir en cours de route (rien de majeur à signaler). Étant donné, un budget assez serré cette année, beaucoup de temps a été alloué à la préparation des sorties et voyage final (réservations en direct plutôt que par le biais d·une agence de voyage pour sauver des sous).

Une semaine typique des accompagnatrices se résume ainsi :
Les coopérants partent dans leurs milieux le mardi après-midi... donc reste de la journée pour des activités personnelles ou de gestion (buanderie, bouffe, internet, budget, etc.). Le mercredi est une journée consacrée à la planification (voyages, projets, etc.).... Les jeudi, vendredi et samedi sont consacrés à la visite des milieux (incluant le transport qui était de 3 à 4 heures par jour !!!). Ces visites permettent de s·assurer que les coopérants avancent dans leur projet, que les clauses du contrat avec les milieux (repas, hébergement, allocations) sont respectées et que tout se passe pour le mieux autant pour les coopérants que pour les responsables. De plus, vers la fin du projet, ces visites prévoient l·achat de matériel pour chacun des milieux en fonction des montants alloués (200 $ par coopérant).

Enfin, le dimanche est la journée épicerie et la préparation du repas "familial".... spaghetti, pâté chinois, ragoût.... bref, des saveurs "maison".... histoire de leur changer des menus péruviens que tous apprécient beaucoup (beaucoup de poulet, soupes, etc.).

Le groupe de cette année a été particulièrement facile à gérer.... aucun conflit, beaucoup de maturité et aucun choc culturel majeur.... Une belle gang fort attachante.....

Comme nous faisons beaucoup de "combis" (autobus), le prochain blog sera dédié à la présentation des noms de rues de Lima !!!!.... On en apprend beaucoup sur les dates et les personnages importants de leur histoire....

Bonne fête Myriam !!
P.S. En fin de semaine (10 juillet) c·était l·anniversaire de Myriam.... nous avons passé une fin de semaine haute en couleur (je vous en reparle également) et avons célébré pendant 3 jours les 19 ans de notre "bébé".... Feliz compeano Myriam....

samedi 9 juillet 2011

Islas Ballestas et Paracas

En fin de semaine dernière, nous avons fait notre deuxième sortie prévue à notre budget.... Nous sommes allés visiter la région de Pisco qui se trouve en fait tout près de ICA où nous étions la dernière fois (voir message précédant)... un petit voyage en autobus, à 3 heures de Lima, directement sur la còte du Pacifique...

Photo de groupe avec d·autres touristes de Norvège
et d·Italie... avec qui Maxime parlait un excellent....
Spainglish !!!

La ville de Pisco (qui, dit-on, donna son nom à la boisson nationale) a été l·épicentre d·un terrible tremblement de terre il y a 4 ans, soit le 15 août 2007 à 18 h 41. Plus de 2 000 personnes sont décédées dont 300 dans l·église de Pisco qui a été complètement détruite. En fait, c·est environ 70% de la ville qui a été détruite par ce terrible séisme qui toucha toute la côte pacifique et dont la force était de 7,9 sur l·échelle de Richter. La ville et ses habitants sont encore fortement marqués par ce terrible événement survenu un jour férié pour la fête de l·Assomption de Marie....
Malgré tout, par le tourisme, la ville et ses environs tente de reprendre vie et c·est à partir de Pisco que sont offertes des excursions vers les îles Ballestas et la réserve naturelle de Paracas, sanctuaire de vie marine le plus important de la côte péruvienne.

Excursions aux Ìles Ballestas... rocher où on peut imaginer
le profil d·une personne qui regarde vers le bas...
Les îles Ballestas sont appelées à juste titre, les "Galapagos péruviennes". Il s·agit d·îles volcaniques peuplées de phoques, manchots de pétrels (oiseaux de mer), de pingouins Humbolt, de cormorans et autres oiseaux. Leur relief est creusé d·arches, de caves, de passages étroits entre les rochers qui en font un habitat idéal pour nombreux lions de mer du Pacifique et autres animaux et oiseaux marins.

Il paraît qu·au début du siècle, cet endroit était une véritable mine d·or pour l·exportation du guano (engrais composé d·excréments d·oiseaux marins) vers les pays occidentaux. Au 19e siècle, la récolte du guano constituait une des principales ressources économiques du Pérou et est encore pratiquée aujourd·hui, à plus petite échelle. Les campagnes de ramassage se font à tous les six ou sept anx, lorsque la couche de guano représente une hauteur appréciable.

Déjà pratiquée au temps des Incas, au début de l·exploitation du site en 1870 par les péruviens, la couche de guano atteignait une épaisseur de plus de 30 mètres....

Un couple de lions de mer qui se faisaient des calins !!
La réserve naturelle de Paracas est une zone protégée, très désertique dont les eaux abondent de poissons malgré les nombreux prédateurs. On peut également observer des flamands rouges et blancs, qui auraient inspirés le Général San Martin lorsqu·il pensa aux couleurs du drapeau péruvien lors de son indépendance.
Le candélabre sur la presqu·île de Paracas


Un autre attrait important de la région est le gigantesque "candélabre des Andes" (aussi désigné comme trident ou cactus), sculpté sur le flanc d·une falaise et uniquement visible depuis la mer ou par voie aérienne. 

D·origine pré-Inca, de nombreuses explications ont été données sur son origine qui demeure, encore aujourd·hui, un mystère. En effet, aucune théorie ne peut confirmer quelle culture et à quelle époque il a été tracé. Comparable aux lignes de Nazca, on présume qu·il avait un lien avec des observations astronomiques et qu·il aurait été une aide pour les navigateurs.

D·une longueur de 183 mètres et profond de 60 cm, il est impressionnant de constater sa conservation depuis tant d·années....

Cette journée a été des plus agréables et sommes tous revenus avec de beaux coups de soleil....
Promenade sur la plage avec encore
notre photo concept !
De retour à Salamanca pour une nuit avant que nos jeunes n·entament leur avant-dernière semaine de travail dans leurs milieux.... Tout le monde est d·accord pour dire que le temps a passé à la vitesse d·un éclair !

Cette semaine, Valérie et Marie-Hélène vont entâmer les achats prévus pour chacun des milieux. En effet, dans le contrat que signe CIM avec les milieux partenaires, il est prévu que nous donnons un montant de 7 $ US par jour et par coopérant pour le logement et la nourriture (35 $ par semaine X le nombre de coopérants dans chaque milieu). De plus, un montant forfaitaire de 200 $ par coopérant est alloué dans chacun des milieux pour l·achat de matériel de première nécessité.

Ainsi, à l·orphelinat, il avait été convenu que sur les 600 $ alloués, 400 $ étaient donnés aux professeurs (100 $ par professeur). Il restait donc un 200 $ qui a servi à l·achat de produits pharmaceutiques (alcool à friction, eau oxygénée, couches, cotons-tiges, onguent pour les brulures, diachylons, serviettes sanitaires, etc....).... Les besoins sont énormes et on aurait souhaité consacré beaucoup plus d·argent pour ces produits.... Une de nos recommandations pour les prochaines années est d·ailleurs de prévoir des dons de cette nature plutôt que du linge qu·ils reçoivent en très grande quantité....

À CIMA, nous avons convenu, que le montant total (600 $) irait à l·achat de bois pour l·atelier de menuiserie qui était fermé depuis quelques temps. Un nouveau professeur a été trouvé (à S/. 600.00, soit environ 200 $ par mois, il n·est pas toujours évident de trouver du personnel.... mais c·est la réalité d·organismes à but non lucratif qui doivent fonctionner en fonction des revenus et dons qu·ils recoivent...), il manquait du matériel que nous sommes heureux d·avoir pu fournir de façon substantielle.... Les jeunes auront donc l·occasion de faire des meubles qu·ils pourront revendre et qui constituera donc une source de revenus additionnels.

Enfin, à Collique, l·argent sera distribué entre les différents milieux partenaires (école, garderie et regroupement des jeunes).... il nous reste à déterminer avec eux leurs besoins.... mais c·est derniers achats nous font réaliser la fin qui approche et déjà plusieurs de nos coopérants appréhendent un départ et une séparation chargés d·émotions...

mardi 5 juillet 2011

NAZCA


De gauche à droite : Marie-Hélène, Alexandra,
Catherine, Florence et Valérie.... à la Plaza de Armas
de Huaycan pour les 21 ans de Catherine

Aujourd'hui (en fait, il y a 5 jours, le 1er juillet) c'est l'anniversaire de Catherine qui a maintenant sa majorité internationale.... Nous sommes allées lui rendre visite dans son milieu (El Nino Emmanuel) où déjà on lui avait organisé une petite fête le matin avec les enfants et quelques responsables du site... Nous sommes allées manger dans un restaurant du petit village de Huaycan où est situé l'orphelinat... copieuse assiette pour 3.50 soles (la monnaie du Pérou) qui représente environ 1,25$ !!!! Puis partage de gâteau au chocolat à la Plaza de Armas où les locaux semblaient bien intrigués par cette bande de jolies jeunes filles d'une autre planète (Catherine portait pour l'occasion des antennes roses de la
planète mars !).

Une belle rencontre
Nous avons discuté avec une charmante dame qui était très émue de nous raconter que ses enfants vivaient au Canada en adoption.... on lui a assuré qu'ils étaient entre bonnes mains et qu'ils n'oubliaient pas leur maman péruvienne.... c'était un bref moment d'une grande intensité....

Feliz Compleano Catherine.... te deseamos todos que quieres y conserva siempre tu sonrisa y tu vida feliz...


Aujourd'hui je veux vous raconter notre fin de semaine du 20-21 juin (pour nous les fins de semaine sont les lundis et mardis, question de logistique)....

En fait, en fonction des sous ramassés auprès de nos généreux donateurs (merci encore aux parents et amis !) nous avons planifié deux sorties hors de Lima pendant les fins de semaines de congé des coopérants (les autres fins de semaines nous organisons des activités à Lima et les coopérants reviennent loger dans la maison du Monseigneur où Valérie et Marie-Hélène habitons).

Ainsi, notre première grosse fin de semaine était prévue pour aller vers le sud, à environ 300 kilomètres de Lima. Nous sommes partis le dimanche après-midi (4,5 h de bus) en direction de ICA, capitale de la province du même nom, située le long de la panaméricaine (cette autoroute qui traverse le continent du nord au sud sauf une section entre le Panama et la Colombie.... une route aussi mythique que la route 66 dans l'ouest américain...). Nous nous sommes installés à notre auberge de jeunesse - Hostal La Rocha - un lieu fort sympathique, rendez-vous des backpackers de tout âge à Huacachina.
Le pisco : on aime !

Nous avons célébré cette première escapade avec un Pisco Sour, car c'est dans la région qu'est produit ce célèbre alccol - le Pisco - sorte d'eau-de-vie faite à partir de la fermentation du raisin (ressemble un peu à un margarita)... Le Pérou et le Chili en font leur alcool national et le meilleur se trouve.... où vous le dégustez !!!!.... et surtout si vous le dégustez en bonne compagnie !

Voici une recette typique de Pisco sour que vous aurez peut-être la chance de goûter car plusieurs d'entre nous avons fait provision de Pisco...
3 onces de pisco, 1 once de jus de citron vert (pour donner l'acidité), 1 once de sirop, 1 blanc d'œuf, 6 cubes de glace et 1 ou 2 gouttes d'Angostura amer. Ce mélange doit être agité dans un shaker jusqu'à l'obtention d'un mélange homogène. Les gouttes d'Angostura amer sont décoratives.

Le lendemain, notre journée commençait très tôt (5 h 30) car il fallait prévoir un trajet de 2 h 30 pour se rendre à envrion 150 kilomètres plus au sud, à Nazca où on souhaitait aller voir les fameuses lignes de Nazca du haut des airs.... Le ciel était gris et à notre arrivée à l'aéroporot aucun avion ne décollait.... De plus, toutes les compagnies avaient des réservations et il semblait presque impossible de décoller avant midi (on ne pouvait dépasser cette heure car on avait une autre activité en après-midi)....

Après avoir prié le Dieu Churros (les churros sont une espèce de beignets que nous aimons tant que nous en avons fait notre Dieu et l'implorons pour toute nos demandes importantes.....), celui-ci nous a exaucé et en un clin d'oeil le ciel s'est éclairci.... De plus, une charmante dame de la compagnie Aeromejor a accepté de nous prendre pour le survol en avion.... Nous étions comblés.... Merci à toi Dieu Churros !

NAZCA : L·astronaute
NAZCA : le singe
Ces mystérieuses lignes ont été découvertes en 1926 et auraient plus de 2 000 ans.... leur conservation au fil des ans serait dû à une absence quasi totale de précipations et d'érosion éolienne. La culture Nazca est une des civilisations qui s'est développée sur la côte désertique au sud du Pérou de 300 av. J-C. à 600 ap. J-C., soit avant les Incas et sur une période beaucoup plus longue que la civilisation Inca. La culture Nazca est essentiellement connue pour ses textiles, son art de la céramique et ses géoglyphes, ces dessins et formes géométriques qui ont été tracés en enlevant la couche superficielle du dsert (plus foncée) faisant ainsi apparaître une couche plus claire. Ces figures s'étendent sur environ 50 km2 et chaque dessin est de dimensions variées pouvant atteindre jusqu'à 200 mètres. Il est difficile de comprendre comment ces dessins ont pu être réalisés avec autant de précision puisqu'aucune de ces figures n'est entièrement visible depuis le niveau du sol...

NAZCA : Le colibri
Une scientifique allemande, Maria Reiche (l'aéroport local porte son nom)  a consacré sa vie à l'étude de ces lignes. Elle est d'ailleurs décédée à Nazca en 1998 où elle vivait depuis plus de 50 ans. Selon elle, ces lignes constituaient le plus grand livre d'astronomie du monde et elles permettaient de «mesurer» les moments clés du calendrier solaire pour aider ou compléter la planification agraire.... En effet, les différents dessins représentant souvent des animaux (colibri, singe, araignée, etc.) apparaissent dans le ciel à certaines époques bien précises et correspondraient à des périodes agricoles fondamentales telles : semailles, pluies, récoltes, etc.

NAZCA : L·araignée
Bref, malgré un vol de 30 minutes dans un petit avion qui n'est pas de tout repos... le spectacle est des plus impressionnants et demeure une expérience inoubliable, comme en témoigne quelques photos (merci à Francis pour les excellentes photos... bon oeil !)

Information pratique : les petites compagnies qui n'étaient pas sécuritaires se sont vues enlever leur permis de voler. Plusieurs compagnies proposent donc des vols au-dessus des lignes de Nazca pour environ 90 $ US (plus une taxe d'aéroport de S/. 25.00 - environ 8 $ US).... Attention si vous n'avez que peu de temps pour cette activité, il est nettement préférable de réserver à l'avance, surtout en haute saison... à moins que comme nous, vous meniez une excellente vie et que le Dieu Churros entende vos prières.....

Pour ceux qui ne souhaitent pas prendre l'avion, il y a un mirador qui vous permet de voir 3 figures importantes (l'arbre, les mains et la queue du lézard).

Après cette activité haute en couleur, d'autres sensations fortes nous attendaient.....

Du buggy dans les dunes de sable :
Tout simplement malade !!!!
En effet, de retour à Huacachina, nous avions réservé un tour de 2 heures (au coucher du soleil) dans les dunes de sable de la région. La petite ville de Huacachina est un véritable oasis en plein désert (un des grands déserts latino-américains) et c'est un des proprio de notre auberge qui organisent des tours en buggy.... attachez vos ceintures (et votre tuque avec de la broche !!!!) on est partis !.... Un véritable manège grandeur nature.... digne des montagnes russes.... tout simplement incroyable.... émotions fortes et grands frissons étaient au rendez-vous !!!!

Votre humble serviteure....
De plus, au sommet d'une des dunes, nous attendaient une surprise.... la possibiité de descendre sur une planche (style planche à neige) à plat ventre, la vitesse étant controlée par les pieds dans le sable.... tout simplement GÉNIAL !!! MALADE !!!! même Marie-Hélène (la doyenne du groupe) s'en est donnée à coeur joie.....

Voila à quoi ressemble la descente....
Dominic en pleine action !
Félicitations tout spécial à Kelly qui a affronté ses peurs et qui a aussi réussi à descendre la dune.... un belle leçon à retenir comme quoi des fois nos peurs nous paralysent et que dans le fond ces peurs n'ont pas raison d'être....
Photo concept dans le désert...
Devinez à qui appartiennent ces ombres !

Cette magnifique journée s'est terminée avec le coucher de soleil dans les dunes de sable, un
délicieux BBQ à l'auberge et quelques bières et / ou pisco sour autour du feu à partager avec d'autres voyageurs d'un peu partout.... Pincez-moi quelqu'un.... on est au paradis !
Le désert de sable autour de l·oasis de Huacachina :
à mettre sur une To Do list !!!!


Ma gang de malade !!!!

jeudi 23 juin 2011

Centre d·Intégration des Mineurs en situation d·Abandon (CIMA)


Francis, Emmi et Dominic qui travaillent à CIMA


Le troisième milieu que je veux vous présenter est CIMA pour Centre d·Intégration des Mineurs en situation d·Abandon ou en espagnol : Centro de Integration de Menores con Amor.

La ressemblance avec le nom de CIM (Coopération Internationale Mérici) est purement le fruit du hasard et cette année marque une nouvelle collaboration entre les deux organismes. En fait, dans les premières années de CIM, des coopérants avaient travaillé dans ce milieu qui par la suite avait été abandonné pour la simple et bonne raison qu·il s·agit d·un milieu qui, par sa clientèle (des jeunes garçons de la rue âgés de 9 à 18 ans), exige des coopérants masculins de préférence (les coopérantes travaillent davantage avec les plus jeunes mais doivent être de tempérament fort) et ayant une bonne base d·espagnol pour faciliter les interventions auprès des jeunes.

Jean-Louis Lebel, fondateur de CIMA


Ainsi, pendant plusieurs années, ce milieu n·avait pas été sollicité par CIM. Par contre, avec le groupe de cette année, il s·agissait d·une belle occasion de renouer avec cet organisme qui fait un travail incroyable depuis maintenant 21 ans et qui a été fondé par un Québécois, Jean-Louis Lebel, retraité de l·enseignement et qui se cherchait un projet pour se garder occupé !



CIM a donc commencé tout doucement en s·installant d·abord à Lima, dans un petit appartement tout près de la Plaza San Martin, quartier général des jeunes de la rue à Lima aux prises avec des problèmes de violence, de consommation (alcool et drogue), vols, etc. Monsieur Lebel avait observé plusieurs façons de faire avant de trouver une façon qui correspondait davantage à sa vision d·un réel soutien auprès des jeunes....  beaucoup de ce qui existait avant ressemblait à des prisons et les jeunes y étaient gardés de force et souvent exploités.
Les règles de vie et valeurs de CIMA

La vision de CIM en est une de réinsertion familiale et sociale. Les intervenants sur place (travailleurs  sociaux, psychologue et tuteurs des différents groupes d·âge ont donc à coeur que le jeune retrouve un équilibre, des valeurs de vie plus saine pour réintégrer, à plus ou moins longue échéance, leur milieu sans pour autant retomber dans le désordre qu·ils ont connu avant leur séjour à CIMA. Selon ses dires, 80% des jeunes qui partent de CIMA s·en sortent bien, trouvent du travail, retournent aux études et réintègrent donc la société avec un solide bagage. Durant nos visites, nous avons fréquemment été témoin d·ex-jeunes de CIMA qui revenaient pour rendre une visite.... beaucoup de reconnaissance et un profond attachement au milieu et à son âme-fondateur - Jean-Louis Lebel - se lisent dans leurs yeux et par l·affection qu·ils témoignent à chacun.
Quel est le secret de la réussite de CIMA?.... Bien sùr une très grande persévérance et la conviction de pouvoir montrer une façon de faire qui n·est pas toujours celle inculquée dans la culture péruvienne mais qui fait ses preuves et à laquelle ils finissent par adhérer.... Cette philosophie qui est à la base du succès de CIMA est exprimé dans un commentaire de Monsieur Lebel : «Je suis trop passionné pour accepter de faire mal les choses

Un horaire également très bien rempli (certains diront peut-être trop !) : Levés à 5 h 30, couchés à 21 h, la journée est occupée du soir au matin entre les tâches quotidiennes (lavage, entretien ménager, etc), l·école (à l·extérieur ou à CIMA pour les cas plus difficiles ou trop en retard par rapport à l·école régulière) et les ateliers (musique, mécanique, confection, cuisine, ordinateur), les repas, les douches (3 par jour) et quelques pauses pour relaxer un peu.... La fin de semaine, un peu moins de rigueur et grasse matinée, jusqu·á 6 h 30 !
Quelques bâtiments de CIMA parmi
des ruines pré-colombiennes

CIMA est maintenant située dans la petite ville de CIENEGUILLA à 20 km à l'est de Lima, un secteur qui bénéficie d'un ensolleillement presque continuel, ce qui en fait un lieu idéal pour une promenade de fin de semaine pour plusieurs Limenos (habitants de la capitale). CIMA s'est installé sur un terrain de 12 000 mètres carré qui leur a généreusement été donné et sur lequel ils ont construits plusieurs pavillons dont 6 qui hébergent jusqu'à 16 jennes chacun selon leur âge. Le site est entouré de ruines pré-colombiennes (non protégées), entourées de montagnes, tel un véritable oasis en plein désert (au sens propre et figuré !)
Emmi, Francis et Dominic à CIMA

Trois de nos jeunes vont intervenir (en fait, interviennent déjà!) à CIMA : Francis et Emmi qui feront sur place leur stage final de Techniques d'Éducation Spécialisée (TES) et Dominic.

Laissez-moi vous les présenter.









Emmi Nagels : 24 ans (Vierge), de Québec. Emmi passe facilemet pour une Péruvienne partout où elle va.... ses longs cheveux foncés, sa beau basanée qui lui viennent de des origines mi-québécoise, mi-japonaise lui permettent de se fondre à la foule bien qu'elle soit nettement plus jolie que la majorité des Péruviennes... De plus, ses séjours au Costa Rica avec sa famille lui ont donné une solide base en espagnol, un net avantage (surtout en tant que fille) pour sa présence à CIMA.

Emmi est une passionnée de voyages et depuis toute petite, elle a parcourru, seule ou en famille, plusieurs pays d'Amérique Latine (Nicaragua et Panama en plus du Costa Rica) et d'Asie (Japon, Vietnam, Cambodge, Laos, Thaïlande, Malaisie, Indonésie)... si la tendance se maintient, elle aura fait le tour de la planète bien avant sa retraite !!!
 
Au cours de sa formation, elle s·est découvert une véritable passion pour le travail auprès des personnes handicapées et ses expériences de travail pendant 3 étés au camp Laura Lémerveil comme monitrice auprès des enfants polyhandicapés lui ont confirmé ses talents comme accompagnatrice dans le quotidien de ces enfants auxquels elle a su donner des soins et beaucoup d·amour.
Emmi avec ses protégés

Emmi est d'un tempérament fonceur, curieux, pleine d'énergie... dans son quotidien, il faut que ça bouge ! Elle mord dans la vie à pleines dents et donne et aime gratuitement. Emmi est une personne fiable, autonome, pleine d'initiatives, créative et ingénieuse... bref un coeur sur 2 pattes qui saura mettre à profit toutes ses qualités et valeurs à CIMA.




 

Dominique et sa «gang» de street dance,
une performance très appréciée !

Dominic Turcotte : 22 ans (Bélier... sans cornes !). De la Rive Sud de Québec (Saint-Henri), Dominic vient de compléter son DEC (il a vu ses résultats au Pérou et était bien content d·avoir réussi son cours de comptabilité!!) en Technique de Gestion Hôtelière. Ses plus récentes expériences de travail sont reliées à son domaine d·étude et peut-être reconnaissez-vous ce grand gars (6·4"), qui est d·un naturel jovial, souriant et très à l·écoute des autres, si vous avez fréquenté le Cosmos (Lévis) ou le Bar du Lapin Sauté.

Dominic c·est notre sportif, notre joueur de basket-ball... il a dailleurs été entraîneur dans deux écoles auprès de jeunes de 9 à 12 ans et 16-17 ans)... Ici au Pérou, sa grandeur ne passe pas inaperçue... Les Péruviens sont généralement petits et le regardent avec des yeux d·admiration (pour les femmes !) et de jalousie (pour les hommes).... c·est le géant Beaupré du Pérou !!!

Dominic a expérimenté un premier voyage en solitarie pendant 6 mois dans l·ouest canadien (Alberta)... son désir de voyager va se continuer bien après le Pérou car il souhaite aller passer l·hiver dans une île des Caraïbes tout en travaillant... Le métier qu·il a choisi lui permettra donc de poursuivre son périple quelque part dans le monde...

Dominic est de positivisme contagieux. Il respire la joie de vivre, la bonne humeur et dégage une grande énergie qui fait de lui un leader naturel. Il est un excellent membre au sein d·une équipe de travail, a un grand sens des responsabilité et de l·organisation. Il est polyvalent, débrouillard et très dévoué dans tout ce qu·il entreprend.


Déjà à CIMA, il a su gagner le coeur des jeunes en participant à une chorégraphie de "street dance" que quelques jeunes préparaient à l·occasion de la fête organisée pour l·anniversaire de CIMA (le 15 juin dernier)... ses collègues disent de lui qu·il ferait un très bon intervenant social car il est excessivement à l·écoute de l·autre et ce, de façon toute naturelle.... Son expérience à CIMA sera certainement fort enrichissante pour lui... et pour les jeunes qui vont le cotôyer.


Francis et son «royaume :
la bibliothèque de CIMA

Francis Peuch : 26 ans (Capricorne), de Québec.

Un des plus vieux du groupe, Francis cumule un parcours multidisciplinaire au bout duquel il a trouvé sa voie (et même sa voix !) soit le travail socila dans le domaine communautaire. Le chemin pour s'y rendre n'a pas toujours été la ligne droite puisqu'avant son DEC en Techniques d'éducation spécialisée (qu'il va compléter par son stage qu'il réalise à CIMA), il avait complété un DEC en Sciences humaines, profil Méditerranée, espaces et histoire et un BAC en Histoire de l'Art.

Ce parcours illustre bien sa grande curiosité intellectuelle et ses intérêts variés pour comprendre le monde qui l'entoure... Francis est notre intellectuel... il aime les longues soirées à refaire le monde en parlant politique, sociologie, histoire ou tout simplement pour commenter l'actualité. Il aime également l'art sous toutes ses formes (et particulièrement la littérature et la peinture) et est aussi un épicurien qui aime le bon vin, la gastronomie, la musique et tout ce qui donne un sens au mot plaisirs de la vie !

Francis a fait du bénévolat à la soupe populaire des Soeurs Grises et à la St-Vincent-de-Paul. Il est depuis quelques temps intervenant au centre de jour Lauberivière où il est confronté quotidiennement à des problèmes de pauvreté, consommation, mésadaptation sociale... bref, une grande similitude avec les jeunes auprès desquels il aura à intervenir à CIMA (même si l'âge est différent ainsi que la structure de l'organisme).

Francis a fait quelques expériences de voyages, dont une participation à Jeunesse Canada Monde et un séjour plus récent en République Dominicaine où il a été confronté à un premier choc culturel qui l'a fait se questionner sur la pauvreté extrême mais aussi le tourisme de masse et la relation que cela crée entre le visiteur et le visité !

Son expérience au Pérous est pour lui une façon de boucler la boucle d'un cheminement personnel, scolaire et professionnel... c'est un peu son rite de passage entre sa vie étudiante et son futur rôle d'intervenant social.

Francis fait preuve d'une grande autonomie et d'une grande capacité d'adaptation et d'introspection. Il apprend rapidement et n'hésite pas à se questionner et à se remettre en question...

Sa plus grande crainte.... il l'exprime très bien : l'échec plus que l'erreur.... Il caressait le désir de travailler à la bibliothèque de CIMA afin de combiner son goût de la littérature et de transmettre sa passion... il sait déjà qu'il fera un excellent travail et que son passage à CIMA permettra de remettre de l'ordre dans cette bibliothèque qui recèle de petits trésors (dont une grammaire qui date de 1900!)... tout en transmettant aux jeunes le goût de la lecture et du questionnement... Il est donc en train de gagner la partie par un... échec et mat ! et sa présence saura être grandement appréciée par les jeunes et le personnel de CIMA.

Sur ce Bonne St-Jean..... ici elle s'annonce bien tranquille bien qu'on va surement célébrer un peu cette fin de semaine !

N'oubliez pas de nous laisser vos commentaires.... ils sont grandement appréciés.

dimanche 5 juin 2011

Juventud Kollek, Collique

Un petit mot sur les élections avant de présenter un autre milieu.... La journée des élections (dimanche 5 juin) s'est bien déroulée.... Lima était très calme car les gens ayant l'obligation de voter, plusieurs n'ouvraient pas leur magasin et les rues étaient désertes. Les Péruviens ont en effet, l'obligation d'aller voter et en plus d'une amende (plus ou moins 25 $), ils sont également privés de certains droits, notamment au niveau de leur compte bancaire, s·ils ne vont pas exercer leur devoir de citoyen.... c'est donc une obligation qui est très respectée... et dans le fond, peut-être est-ce une bonne idée... en tout cas, cela oblige les jeunes à s'informer davantage et à connaître au minimum les grandes lignes des partis qui s'affrontent.


Vous avez peut-être vu les résultats dans les journaux : le candidat d'extrême gauche - Ollanta Humala - a remporté la victoire de justesse (50,9 %) contre sa rivale Keiko Fujimori. Plusieurs disent que c'est par ses promesses alléchantes pour les plus pauvres que Ollanta auraient gagné les élections.... Malheureusement associé à Hugo Chavez du Vénézuela, les pros Keiko craignent un retour à un régime dictatorial.... L'histoire nous dira les conséquences d'un tel choix mais au niveau social tout est calme et le train-train quotidien a repris sans problèmes. Il faut dire aussi qu'une «loi sèche» interdisait la vente d'alcool du vendredi soir au lundi midi»... ça aussi c'est une idée intéressante pour éviter que les esprits s'échauffent.... difficile par contre d'imaginer une telle mesure chez nous !!!

Aujourd'hui (en fait mon texte est commencé depuis plus d'une semaine mais les connexions à internet ne sont pas toujours très faciles et très lentes) je vous présente le deuxième milieu d'intervention qui en est un avec lequel CIM travaille depuis quelques années.

Il s'agit d'un regroupement de jeunes «Juventud Kollek» qui se donnent comme mission d'améliorer la qualité de vie des jeunes en organisant des activités de sensibilisation auprès des citoyens du quartier dans un esprit de développement durable. Ils n'ont pas de site internet mais vous pouvez les suivre sur Facebook en tapant Juventud Kollek. (photo : un bon repas avec les responsables de Juventud Kollek).

Nos quatre coopérants vont intervenir dans plusieurs milieux, soient une école primaire (500 enfants de la 1ère à la 6e année), une garderie, une maison des femmes et une maison des jeunes....




Ce qui est impressionnant de cette organisation est qu'il s'agit d'actions et d'interventions posées par des jeunes pour les jeunes. Malgré leurs jeunes âges, il est impressionnant de les voir se prendre en main et d'avoir à coeur l'amélioration de leur milieu de vie. Juventud Kollek travaille également avec des coopérants de l'Université de Sherbrooke (de janvier à mai). Les échanges avec le Québec sont donc déjà bien initiés et le responsable sortant, Alejandro Cuadros Pietro est un de ces jeunes fort attachant qui apprend le français et est encore très impliquée dans son milieu. La nouvelle présidente est Sheyla Navarrete Carnayo qui est aussi la «soeur» de Kelly (photo à venir).


En effet, dans ce milieu un des défis de nos coopérants est de vivre dans les familles. Ils sont en fait jumelés à un jeune de l'organisation. Ainsi, les autres frères et soeurs sont : William (pour Maxime), Luisa (pour Véronique) et Emmy (la vice-présidente pour Myriam). Le quartier de Collique est un de ses «Pueblos Jovenes» une des conséquences de la réforme agraire instaurée par le régime militaire de Velasco dans les années '70. Beaucoup de gens des milieux ruraux sont venus s'installer dans la capitale, espérant trouver du travail. Ces vagues massives n'avaient évidemment pas été prévues dans un plan d'urbanisation de la ville. Les nouveaux habitants n'ont donc pas eu d'autres solutions que de s'installer et de développer leurs propres quartiers.

Sur une population de plus de 9 millions d'habitants, environ 20% sont dans une situation d'extrême pauvreté. Par rapport à un taux de 70% dans la sierra (montagne), le pourcentage de Lima est faible mais c'est en nombre que le chiffre est impressionnant : près de 2 millions de personnes à Lima n'ont pas les ressources de base et plus de 450 000 sont dans une situation d'extrême pauvreté (et ne sont même pas comptabilisés dans les données officielles de recensement). (photo : maisons installées dans la montagne et accessibles par les escaliers en jaune).

Collique est un de ces «Pueblos Jovenes» et le quartier est divisé en 10 zones où le degré de pauvreté augmente à chaque niveau. Nos coopérants sont hébergés essentiellement dans la zone 3, ce qui représente tout de même un certain confort : ils ont tous toilette et douche et une chambre privée. De plus, la chaleur de ces familles compensent pour les commodités plus simples (dont la chaleur de l'eau!).


Voici donc nos 4 volontaires qui sont à Collique :



Maxime : De Val-Bélair, Maxime a 25 ans (Poisson). Il a presque terminé sa Technique d'Éducations Spécialisée (il lui restera à faire son stage à la prochaine rentrée qu'il fera au CLSC de St-Romuald).


Avant son DEC, Maxime a fait deux Attestations d'études collégiales (AEC) en sommellerie et service de restaration à l'École Hôtelière de la Capitale (anciennement Wilbrod Bérer). Peut-être vous a-t-il servi si vous avez été au Cochon Dingue du Petit Champlain où il travaille depuis 5 ans.


Même s'il aime son travail et qu'il est fort apprécié pour son service attentionné, Maxime souhaitait se trouver un autre métier. Sa grande capacité d'écoute jumelée à son désir d'aider confirment son choix de réorientation professionnelle.


À 19 ans, Maxime est parti un an dans l'ouest canadien (Banff et Kenmore) pour approfondir son anglais et vivre l'expérience d'un voyage en solitaire.


Maxime est le «spirituel» du groupe (le premier livre qu'il s'est acheté pour pratiquer son espagnol est Les quatre nobles vérités du Dalaï Lama....). Il aime se questionner, aller au fond des choses, confronter ses propres valeurs, ses limites et aime débattre ses idées et opinions tout en restant à l'écoute des autres. Il est coopératif, dévoué.... de belles qualités qui nous font lui pardonner son petit côté lunatique qui le rend si attachant !!


Ses forces et qualités sont particulièrement adaptées aux milieux de Collique (il travaillera un peu dans chacun des milieux de Collique). De plus, vivre dans une famille lui permettra de perfectionner rapidement son espagnol. Les gens de Juventud Kollek vont s'attacher rapidement à lui et réciproquement...



Myriam : De Québec, Myriam est la plus jeune du groupe (elle aura 19 ans à Lima - Cancer).


Elle a complété sa deuxième année en Techniques d'Éducation spécialisée et savait dès son entrée à Mérici qu'elle voulait participer au projet de CIM-Pérou.


Myriam n'a pas peur de relever des défis et de se mettre en situation de déséquilibre. Cette expérience au Pérou constitue son premier voyage. Elle a donc fait avec nous son baptème de l'air et s'est donc mis sur les épaules en plus du stress de l'expérience du travail humanitaire, le stress de l'inconnu total... C'est ce qui s'appelle ne pas avoir froid aux yeux. Déjà Myriam depuis deux semaines s'ouvre et s'épanouie comme une fleur au soleil.... Elle prend de l'assurance et de la confiance en elle autant pour son espagnol que pour la vie dans sa famille et les interventions dans son milieu (elle travaillera davantage à la garderie).


Myriam sait déjà qu'elle veut travailler en relation d'aide. Elle a fait du bénévolat auprès de la Fondation Chevalerie-Passion (équitation pour les enfants avec une déficience. Elle souhaitait depuis longtemps faire de l'aide humanitaire et rêvait de voyages... elle a donc combiné ses deux projets en un seul.


Myriam a le souci du travail bien fait, a une grande soif d'apprendre et est très à l'écoute des autres. Son implication à Collique sera davantage à la garderie où elle devra confronter ses valeurs avec les façons de faire d'une autre culture... ce ne sera pas facile mais elle en sortira avec une belle assurance d'avoir donné pendant un court laps de temps tout l'amour et la tendresse qu'elle a à donner.



Véronique : 26 ans (Taureau), de Beauport.


Véronique a complèté son DEC en Technique d'Éducation spécialisée (il lui restera son stage à faire à la rentrée).


Après un parcours de décrocheuse, Véronique démontre une grande motivation. Même si cela lui a pris du temps pour trouver sa voix et, comme elle le dit elle-même, n'a pas toujours fait des choix éclairés, le chemin qu'elle a choisi lui va à merveille et son sourire permanent témoigne de son bonheur de s'être enfin trouvée !


Passionnée de voyages, elle a fait un séjour de 5 mois en Angleterre pour perfectionner son anglais. Elle saura donc pratiquer son espagnol surtout à Collique où, là aussi, l'immersion est totale. De semaines en semaines, on voit et entend ses progrès... Véronique a besoin «d'être dans le bain» pour se donner à fond et se motiver.


Son voyage en Angleterre lui a permis de découvrir son grand intérêt pour les autres cultures, modes de vie et valeurs. Elle est attirée par l'autre, la différence, ce qui confirme son choix de future intervante sociale


Son travail auprès d'un jeune enfant handicapé mentalement ainsi que son bénévolat à l'Association canadienne de santé mentale sont des expériences qui lui ont permis de démontrer ses talents d'écoute et son ouverture d'esprit.


Véronique est dynamique, honnête, dévouée et souriante (elle sourit même quand elle dort !)... autant de qualités qui seront des atouts précieux dans sa famille et dans les milieux où elle interviendra à Collique.




Kelly : De Québec, Kelly a 23 ans (Vierge) (la première à gauche sur la photo)


Kelly a également terminé son DEC en TES après un certificat en psychologie à l'Université Laval. Elle a effectué son stage à la Halte garderie Oasis où ses qualités et aptitudes ont grandement été appréciées.


Kelly aime l'expression artistique sous toutes ses formes : danse, dessin, peinture. Elle fait preuve d'un grand désir d'évoluer en tant qu'individu et ses démarches artistiques ou personnelles sont essentiellement dans le but de mieux se connaître pour grandir en tant que personne.


La coopération internationale pour elle est un projet de vie et pose donc des actions et fait des choix qui l'en approche. Elle a ainsi vécu un mois au Guatémala pour apprendre l'Espagnol en vivant dans une famille. Elle a également fait le projet Katimavik qui représente 9 mois de travail volontaire au Canada. Sa capacité d'adaptation dans différents milieux est indéniable et saura être un plus pour cette expérience au Pérou.


Malgré un côté plus réservé et plus timide, elle sait prendre sa place au sein d'un groupe et partager ses opinions. Son sens de l'observation très développé en fait une personne attentive et réfléchie.


À Collique, Kelly mettra sur pied un projet qu'elle a développé sur la connaissance de soi et de sa culture. Sans le savoir au départ, son projet cadre parfaitement dans les objectifs de l'école pour le trimestre en cours (ici l'école s'échelonne de mars à décembre).


Kelly se fixe des objectifs élevés mais encore une fois, c'est pour en sortir grandie et apportée sa contribution à des jeunes curieux eux aussi d'en apprendre sur eux-mêmes et sur les autres.

vendredi 3 juin 2011

El Nino Emmanuel (orphelinat)

Bonjour à vous....





J'aurais aimé écrire plus tôt mais les journées sont bien remplies et nous ne voyons pas le temps passer ! Seulement hier (jeudi), Valérie et moi avons passé 4 heures dans les «combis» (mini-autobus public, style mini-van de 12 passagers où l'on entasse environ 20 personnes.... pas très adaptés au format de Dominique - 6'4'' !!). Le trajet se fait normalement en 1 h 30 mais il y avait des marches pour les différents candidats aux élections et plusieurs rues étaient fermées.... Pour l'instant on voit des affiches partout pour l'un ou l'autre des candidats mais rien d'inquiétant... les coopérants seront de retour à la maison demain soir (samedi) comme prévu pour laisser passer la journée des élections et voir les réactions face aux résultats.... Ici, les Péruviens ont l'obligation d'aller voter sous peine d'une amende... on vous tiendra au courant des résultats et de la réaction sociale...


Aujourd'hui donc je voulais voulais vous parler du premier milieu que nous avons visité et dans lequel trois filles du groupe travailleront : il s·agit d'un orphelinat pour enfants (filles et garçons) d'environ 5 à 14 ans... En tout, c'est environ une quarantaine d'enfants qui y sont hébergés et qui y vont à l'école. Il ne s'agit pas uniquement d'enfant orphelin mais des enfants qui viennent de milieux disfonctionnels (extrême pauvreté, enfants de la rue, violence familiale, etc.).


Lors de notre visite avec le groupe un accueil chaleureux nous attendait avec une pluie (en fait un tsunami !) de confettis... Les enfants ont un grand besoin d'affection et nous ont donc ouvert leurs bras pour recevoir un peu d'amour et de chaleur.

C'est une enseignante à la retraite - Maria Luisa Moreyra Ceron de Meza - qui a ouvert ce foyer pour jeunes il y a environ 12 ans (nous avons assisté à la fête organisée à l'occasion de son anniversaire, ce vendredi 3 juin). C'est une institution chrétienne, très pratiquante et dont les soins apportés aux enfants passent par la prière et les valeurs chrétiennes... cela nous a tous beaucoup surpris car les besoins de base sont grands : notamment quant à l'hygiène, la sécurité de mème qu'au niveau de l'organisation même du foyer.


Voir reportage sur youtube : casa hogar El Nino Emanuel.


Nos trois coopérantes ont tout de mème une chambre à elles avec télévision et câble (eles n'auront sûrement pas le temps ni l'envie de la regarder !)... ils ont également pris le soin de nous demander ce qu'elles préféraient au niveau de la bouffe.... Nous étions donc attendus et il ne sera pas difficile de se sentir utile.... le défi sera de mettre des limites et imposer un cadre à ces enfants dont le besoin d'amour est criant et les troubles comportementaux évidents. Le défi sera également de s'habituer à la façon de faire péruvienne et d'essayer que les projets ou changements suggérés par nos coopérantes puissent perdurer même après notre départ.


Bref, les trois qui avaient choisi ce milieu ont débuté leur implication avec beaucoup d'enthousiasme... Elles sauront s'impliquer en donnant quelques classes de français, d'arts plastiques et d'éducation physique ainsi qu'en organisant la bibliothèque. Elles ont également plusieurs projets qu'elles souhaitent développer notamment des ateliers avec différents thèmes (planètes, géographie, etc.) en plus de leur inculquer des notions d'hygiène (laver les mains, les dents, les cheveux, etc.)... Le défi encore une fois est de taille... tout est à faire et visiblement, le centre manque de tout ! L'argent que nous leur laissons servira notamment au salaire des professeurs ainsi qu'à l'achat de médicaments, articles de soins personnels et entretien.


Laissez-moi vous présenter nos trois coopérantes qui vont relever ce défi :






Florence (1ère à gauche sur la photo) :
L'une de nos plus jeunes coopérantes (19 ans - bélier), Florence habite Baie-Saint-Paul et est en deuxième année d'une technique en arts et lettres, option création publicitaire.



Florence a quelques expériences de voyages dont notamment un projet humanitaire au Guatémala lors de son 3e secondaire.


C'est l'artiste du groupe (elle a par le passé réalisé les albums de finissants de son primaire et secondaire)... elle aime et pratique plusieurs formes d'art (dessin, poterie, peinture) et aime aussi être active physiquement (volley-ball, yoga, de même que Hip-Hop, Gumboots et chearleading !).




Florence est toujours souriante. Elle est discrète mais sait très bien partager ses idées. Elle saura apporter aux enfants de El Nino Emanuel l'amour et la créativité qu'ils ont besoin pour croire en un avenir meilleur.



Catherine (au centre) :
Catherine a 20 ans (on célèbrera ses 21 ans ici - Cancer). Originaire de Baie-Comeau, Catherine est venue à Québec pour ses études. Elle a terminé cette année son DEC en TGH (Technique de gestion en hôtellerie), domaine dans lequel elle travaille depuis toujours !



Catherine est une personne qui s'implique beaucoup dans son milieu. Elle a été présidente de l'Assocation des étudiants et étudiantes de Mérci (AGEEM) la dernière année (en plus de ses cours, de son travail et de la préparation au projet de CIM-Pérou !). Lauréate à deux reprises au Gala Méritas du Collège, elle a également reçu une bourse de l'association des hôteliers du Québec.



Ses expériences de voyages ont été dans le cadre de projet scolaire et l'an dernier, elle a eu l'opportunité de participer au Forum de la Gastronomie, de la Culture et du tourisme des trois Amériques qui s'est tenu en Guadeloupe et auquel participait le Collège Mérici.



Ceux qui voudront la suivre dans l'aventure au Pérou pourront également lire son récit par le biais du journal de Baie-Comeau : http://www.pleinjourdebaiecomeau.canoe.ca/



Son sens de l'organisation qu'elle nous a démontré lors de l'organisation du souper péruvien en mai dernier, saura être d'une grande utilité au centre El Nino Emanuel. Son dynamisme et sa bonne humeur apporteront également beaucoup de réconfort aux enfants.



Alexandra (à gauche sur la photo) :


Originaire de Batiscan en Mauricie, Alexandra a 22 ans (poisson) et termine une formation professionnelle en commercialisation des voyages.


Avant cette réorientation de carrière, Alexandra a été gérante pendant 3 ans d'une animalerie... c'est une véritable Mère Térésa des animaux.... Pour le voyage, elle a laissé à la maison une véritable ménagerie : chats (aux noms originaux de Jean-Luc et Miblou), écureuil (c'est le premier mot d'espagnol qu'elle a appris : ardilla !!!!), lapins et même rat !



Alexandra s'investit à 100% dans les projets qu'elle choisit. Elle a déjà à son actif plusieurs heures de bénévolat notamment pour l'association sportive et écologique de la Batiscan ainsi que pour Aministie Internationale.





Alexandra est une personne entière, intègre et très sensible... Leur implication dans les différents milieu au Pérou les confrontera à la misère humaine et le défi d'Alexandra sera de trouver sa limite en sachant qu'elle ne pourra pas sauver tous les enfants (et même tous les chats et chiens) qu'elle rencontrera sur son parcours....



Ses valeurs et son amour inconditionnel de même que son expérience à la maison (sa mère tient une garderie en milieu familial), sont des outils qui seront d'une grande utilité au foyer d'El Nino Emanuel.....



Toutes les trois forment une super équipe qui saura très bien se compléter dans leurs actions auprès des enfants et au foyer d'El Nino Emanuel. Je leur lève mon chapeau car c'est un milieu qui demande une grande dose d'énergie !



P.S. Le téléchargement des photos est très long.... je ne peux pas mettre autant de photos que je souhaiterais....

vendredi 27 mai 2011

Premières impressions




Nous voici enfin arrivés....

Le voyage s est super bien passé et nous sommes arrivés a Lima dans la nuit de mercredi vers une heure du matin (deux heures à l heure du Québec). À notre arrivée un transfert nous attendait pour nous amener à la maison du Mgr (photo), où nous allons demeurer durant notre séjour à Lima.

En fait, les coopérants seront dans leurs milieux respectifs à partir de mardi prochain et seront hébergés dans les milieux durant la semaine. Ils reviendront à la maison le dimanche soir jusqu au mardi....

Le quartier où nous demeurons s appelle Salamanca, il fait parti du district de ATE, un des 43 districts de la ville de Lima. C est un quartier d environ 20 000 habitants qui est un véritable havre de paix dans la mega ville de Lima. La partie où nous demeurons est un secteur fermé le soir entre 22 h et 5 h du matin... donc très sécuritaire et très tranquille.... un endroit parfait où les coopérants viendront refaire leur plein d énergie la fin de semaine.

La maison en fait celle d un Mgr (franciscains) qui y demeure lorsqu il est à Lima. Il travaille dans une autre région du Pérou et y vient rarement.... C est donc une dame - Faustina - qui y demeure avec sa fille (Emily) et son petit-fils (Victor). Elle est très gentille et accueillante et nous a fait se sentir chez nous dès le début.

La première journée a été une journée d acclimatation. Nous avons fait le tour du quartier pour se familiariser avec les lieux et faire nos premiers achats de bouffe dans le mercado....

La température est confortable bien qu humide.... Nous en avons profité pour prendre notre premier déjeuner sur la terrasse.....

Dans le prochain message, je vous raconterai les visites aux milieux respectifs....